Comment aider mon enfant à être motivé ?

Entre deux séances de devoirs à la maison, la motivation n'est pas toujours au rendez-vous chez les enfants. Cette séance coaching vise à permettre aux parents d'y remédier afin de les accompagner dans leurs envies. Que veulent-ils faire plus tard ?


Episode 2/4 : "Indiana Jones et Dora découvrent la motivation"

La motivation est la clé pour inviter à l'action. Vous le savez bien, vous qui acceptez de faire 1h de queue pour nourrir votre nichée, entretenir votre camp retranché pendant cette interminable période d'emprisonn… euh de confinement pardon ! La nuit, vous rêvez de retourner au travail. Pourtant, il n'y a pas si longtemps que ça, vous auriez tout donné pour que la réforme des retraites vous annonce que vous n'aviez plus que quelques mois à tirer dans votre bagn… euh entreprise pardon ! Et même vos enfants vous disent : « j'ai envie de retourner à l'école Papa/Maman ». Votre petit dernier, qui traîne la savate à chaque fois que vous l'y emmenez, et votre ado que vous devez sortir du lit à coup de klaxon tous les matins, que vous pistez par la fenêtre pour être sûr qu'il prenne la bonne direction, comment est-ce possible ?! Et vous pouvez être sûr(e) que, la veille du déconfinement, ils seront prêts à partir. Ils dormiront habillés pour ne pas rater leur bus et vous… pareil ! Alors que s'est-il passé ? Quel mécanisme nous pousse à agir ? Pourquoi ce que l'on fait avec envie fonctionne et ne nous fatigue presque pas ? Pourrait-on se servir de cet élan, de cette prise de conscience pour la scolarité de notre enfant, pour son orientation par exemple et pour soi ? Et bien oui, car le moteur de tout ça, c'est justement ce mot magique : « Envie… En Vie »… regardez le bien, il dit plus que ce que l'on croit.

Etape n°1 : Aidez votre enfant à formuler son envie au présent

Vous : « Tu veux faire quoi plus tard ma chérie comme métier ? »
Elle : (avec les yeux qui pétillent) « Je veux être influenceuse sur YouTube… »
Vous : (décomposé(e)) « Hein ? Mais, c'est pas un métier ça ! »
Elle : « Tu vois c'est toujours pareil avec toi, on peut pas discuter. En tout cas, j' veux surtout pas finir comme toi… » dit-elle en retournant dans sa chambre et en marmonnant les sempiternels « ça me saoule… les vieux… »
Vous : (l'espoir renaît avec votre fils qui arrive pour prendre son deuxième goûter) « Et toi mon chéri, tu veux faire quoi plus tard ? »
Lui : (la tête dans sa capuche) « ché pas, j'hésite… »
Vous : (plein(e) d'espoir, le sourire aux lèvres) « Ah, entre quoi et quoi ? » (Vous rêvez déjà : magistrat, ingénieur, chercheur ???)
Lui : « Footballeur ou joueur professionnel de jeux vidéo », et il repart en vous laissant seul(e), au bord du désespoir.

Principe n°1 : Accueillir l'envie de votre enfant

A première vue, ce n'est pas facile. Mais, amenez votre enfant à formuler clairement, précisément son envie au présent de l'indicatif. « Aujourd'hui, pars du principe que tout est possible, tu vois ta vie comment ? ». Questionnez-le. Et invitez-le à ce petit exercice d'imagination au présent et seulement au présent. Certes, vous auriez préféré qu'il vous annonce un « vrai métier » mais à son âge, c'est ce qu'il voit comme étant un vrai métier. D'ailleurs, à 15 ans, vous auriez répondu quoi à la question ? Aujourd'hui, est-ce que vous faites exactement ce à quoi vous aviez pensé ? Peut-être avez-vous-même changé de métier ? Faire preuve d'humilité avec son enfant est un gage de dialogue apaisé. N'hésitez pas à lui dire que, vous aussi à son âge, vous aviez des idées loufoques ! Mais peut-être pas si loufoques que ça…N'y a-t-il pas des points communs entre cette idée d'élever des chèvres et votre métier de DRH ?! Moi, j'en vois plein…

Questionner l'envie, c'est demander à votre enfant ce qu'il ou elle aime (ce qui lui fait sentir de la joie) dans ce qu'il ou elle se représente comme métier. Qu'est ce qui lui plaît dans le fait d'être influenceuse, footballeur, joueur professionnel de jeu vidéo ? Vous vous intéressez à ce qui l'intéresse. Donc, la méfiance diminue, le circuit de la récompense s'active car il prend plaisir à vous parler de son monde. Et quand vous ne comprenez pas pourquoi il aime ceci ou cela, ou qu'il vous manque des détails pour bien vous représenter les choses, c'est bon signe, questionnez-le encore. Puis, vous pouvez l'amener à se demander s'il y a d'autres métiers ou d'autres secteurs d'activité qui, selon lui, permettent de développer les mêmes compétences, les mêmes activités, habiletés. Petit à petit, il va élargir son champ de réflexion. Acceptez de lui laisser du temps.

Vous pouvez même l'inviter à dessiner sa vie rêvée. Oui, un parent coach ne dit pas « il faut » ou « tu dois », il invite. Il laisse la liberté de faire ou de ne pas faire et responsabilise l'autre dans son choix. Et là, je vous vois venir : « Rêver, rêver, c'est pas la vraie vie ça ! Un jour, il faut (aïe c'est dur de ne pas dire il faut !!) se confronter à la réalité. On ne fait pas toujours ce que l'on veut dans la vie ». Et je vous réponds que je suis entièrement d'accord. Car après avoir décrit sa vie rêvée au présent, votre enfant va être amené à conscientiser ce qu'il a fait pour la rendre possible (au passé…oui c'est un exercice de grammaire en fait !!!).

Etape n°2 : Aidez votre enfant à conscientiser son parcours jusqu'à aujourd'hui

Vous : « Influenceuse ? » C'est génial ça !!!
Note de la scénariste : en réalité, vous avez failli vous étrangler mais elle n'a rien vu, je vous assure… Vos séances de Yoga commencent vraiment à porter leurs fruits !!! Elle : (Très étonnée) « Ah mais tu connais ? »
Vous : « Non pas vraiment, mais j'aimerais que tu m'expliques. »

Elle vous décrit avec force détail de quoi il s'agit. Vous la questionnez sur son envie (cf. -ci-dessus pour ceux qui zappent… je vous ai à l'œil !!). Elle a les yeux qui pétillent. Bon, elle reste sur son idée d'influenceuse, même quand vous lui demandez s'il y a un autre métier qui pourrait s'en rapprocher. Et là vous vous dites : « parent-coach mon œil, c'est quoi cette méthode ??? Ça marche pas du tout… » Tss Tss patience…

Principe n°2 : Demandez à votre enfant ce qu'il a fait (au passé composé, ou pour les plus doués au passé simple !) jusqu'à aujourd'hui pour servir son envie.

Amenez votre enfant à verbaliser ce qu'il a fait depuis qu'il est tout petit. Il risque de vous dire « ben rien !!! ». Soyez patient, questionnez-le. « Tu es sûr ? ». S'il ne voit toujours pas, demandez-lui s'il est d'accord pour que vous lui disiez ce à quoi vous pensez (parent-coach). Ne vous inquiétez-pas, il va vous dire « Oui ». Montrez-lui que certaines matières qu'il apprend à l'école peuvent avoir un lien avec ce qu'il aime. De même, ce qu'il fait en dehors de l'école (sports, activités culturelles, sociales), ou à la maison (aider son petit frère dans ses devoirs… oui ça existe !!!, aller voir régulièrement ses grands-parents sauf en ce moment ok ???, aider au jardin, à la cuisine etc.), ses passions servent son envie. Dès lors qu'il y prend du plaisir, qu'il sent de la joie quand il le fait et qu'il voit un lien, on prend !

Et là, on commence à passer du rêve à l'envie. Parce-que, si même avec votre aide, il n'y a rien… ça craint ! Et même votre enfant va en prendre conscience… L'influenceuse va peut-être commencer à se dégonfler !

Etape n°3 : Aidez votre enfant à formuler ce qu'il lui reste à faire pour servir son envie

Principe n°3 : Demandez à votre enfant de vous dire ce qu'il lui reste à faire pour servir son envie.

Au présent de l'indicatif à nouveau, il nomme les actions à engager, où, quand, comment et avec quoi. Attention : ces actions dépendent de lui, pas de quelqu'un autre. On est dans le concret et c'est à lui d'agir. Il est responsabilisé. Il peut avoir besoin de votre aide. Mais c'est à lui de demander. S'il n'y a pas d'action, c'est qu'il n'y a pas d'envie, ou qu'elle est à reformuler. Oui, il peut être tentant de faire à sa place. Mais je sais que vous pouvez résister, grâce à vos cours de yoga ! Acceptez qu'il fasse ses erreurs, qu'il aille peut-être moins vite que vous. Pour une fois que vous le grillez à la course ! En suivant cette démarche, il redonne du sens à tout ce qu'il fait en classe notamment. Même s'il n'aime pas certaines matières, il prend conscience qu'elles font partie d'un tout, nécessaire à la réalisation de son envie. C'est d'ailleurs pour cela qu'il veut retourner à l'école, et vous au travail, réfléchissez-y. A ce stade là aussi, certains vont remarquer que, ce qu'ils ont décrit n'est pas une envie mais un rêve. Certes, vous introduisez le doute. Mais vous ouvrez la réflexion et la discussion. Votre enfant prend conscience qu'il peut échanger avec vous, exprimer ses idées…Il va cheminer et revenir à la charge, faites-moi confiance. Votre petite influenceuse va continuer à suivre ses idoles sur YouTube, mais elle les regardera avec un œil différent. Même chose avec votre pro de la jongle !!!

Résumé de notre séance coaching

1) Demandez à votre enfant qu'il vous décrive son envie (au présent). Tous les moyens sont bons : discussion, écriture sur un cahier du « MOI » (un beau cahier où il peut écrire, coller dessiner tout ce qu'il veut et qui parle de lui), dessin, collage, saynètes avec des Playmobil, des poupées, des peluches.
2) Demandez à votre enfant de vous décrire ce qu'il a fait jusqu'à aujourd'hui pour servir son envie (au passé) : à l'école, à la maison, dans sa vie sociale, amicale, familiale. Ainsi, vous l'amenez à prendre conscience de ce qu'il a fait de bien.
3) Demandez à votre enfant de lister ce qu'il a à faire maintenant pour servir son envie (au présent) : des actions réalisables, programmées dans le temps (Quoi ? Quand ? Comment ? Avec quoi ?) et qui dépendent de lui.
Oui pour les fidèles de nos rubriques, on retrouve l'intention (l'envie) et les minimissions (liste des actions à réaliser) du texte sur l'attention. Quand on a envie, on est forcément attentif à ce que l'on fait !!!

Autrice : Violaine Manconi pour Prof Express, professeure et coach scolaire certifiée

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