Quelle est la différence entre le fantastique et le merveilleux ?

Réponse :

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Qu’est-ce que le fantastique ?


Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons […], se produit un événement qui ne peut s’expliquer par les lois de ce même monde familier. Celui qui perçoit l’événement doit opter pour l’une des deux solutions possibles : ou bien il s’agit d’une illusion de sens, d’un produit de l’imagination et les lois de monde restent alors ce qu’elles sont ; ou bien l’événement a véritablement eu lieu, il est partie intégrante de la réalité, mais alors cette réalité est régie par des lois inconnues de nous. […] 

Le fantastique occupe le temps de cette incertitude […] ; c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. 

Introduction à la littérature fantastique, Tzvetan Todorov, Seui, 1970, p.29.

 

Cours de français niveau collège sur le fantastique, le Cri d'Edvard Munch

Le Cri, Edvard Munch, 1893 (photo Wikipedia)



Quelle est la différence entre fantastique et merveilleux ?

Quelle est la différence entre le fantastique et le merveilleux ?

 

L’hésitation entre une explication naturelle ou surnaturelle aux événements qui surviennent dans l’histoire, est le cœur même du récit fantastique. Le lecteur DOIT hésiter entre ces deux explications pour que le récit puisse être qualifié de fantastique. Un personnage peut aussi adopter cette attitude d’hésitation comme c’est le cas dans la célèbre nouvelle de Guy de Maupassant, Le Horla (1886).

Le Horla :

  • Le récit se déroule dans un univers réaliste ;
  • Des événements inhabituels et sans explication à priori se produisent ;
  • Le personnage hésite entre deux explications face à ces événements : une explication logique et rationnelle, et l’illusion de ses sens : 

J’allumai ma bougie, en proie à une épouvantable angoisse, et, comme je voulus boire de nouveau, je m’aperçus avec stupeur que ma carafe était vide. Je n’en pouvais croire mes yeux. Ou bien on était entré dans ma chambre, ou bien j’étais somnambule. 

Et cependant j’avais pu encore être le jouet d’une illusion. Au réveil, les sens demeurent troubles. N’était-ce pas moi qui avais jeté bas mon fauteuil et ma lumière en me précipitant comme un fou ? 


  • Le doute et l’hésitation subsistent jusqu’à la fin du récit :

Je ne sais si cet homme est fou ou si nous le sommes tous les deux…, ou si… si notre successeur est réellement arrivé. 


À l’inverse, aucune hésitation dans le récit merveilleux : les événements surnaturels qui s’y déroulent ne provoquent aucun étonnement chez les personnages et le lecteur. Les animaux parlent, des personnages sont doués de dons magiques (fées, sorcières), on peut y rencontrer des créatures qui n’existent pas dans la réalité (géants, trolls…). C’est le cas dans les contes de fées (les contes de Grimm tels Blanche-Neige, Cendrillon, La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, etc., ou les contes de Perrault, Le Petit Poucet, Peau d’âne…). Le récit merveilleux existe aussi en-dehors des contes de fées notamment dans les contes d’Hoffman tels que Casse-Noisette et le Roi des souris, La Fiancée du roi, L’Enfant étranger, ou encore dans les Contes des Mille et une Nuits.



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