Qu'est-ce que l'automate spirituel de Leibniz ? Arguments pour réussir un devoir de philosophie

Réponse :

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Selon Leibniz, une liberté qui se détermine sans raison est une absurdité. Mais alors, si la liberté a des raisons d’agir (mobiles ou motifs), elle est déterminée et ne peut être qualifiée de « liberté ».  Dès lors se pose la question suivante : la volonté peut-elle être libre et déterminée à la fois ?


Incliner sans nécessiter


Selon Leibniz, la volonté n’est pas contrainte nécessairement, comme peuvent l’être les objets soumis aux forces naturelles, bien qu’en pratique, elle ne choisisse jamais à l’encontre des motifs les plus forts. Elle se détermine donc selon des motifs, mais cette détermination n’est pas de l’ordre du nécessaire. La volonté n’est pas contrainte dans son choix, elle est seulement inclinée. La décision de la volonté reste donc contingente, c’est-à-dire non nécessaire. En théorie, le choix que fait la volonté pourrait être autre, bien qu’en pratique il ne le soit jamais. 


L’automate spirituel


L’homme libre vu par Leibniz ressemble à un automate. La volonté se décide toujours du côté des raisons qui sont les plus déterminantes, et s’inscrit donc dans une chaine causale dont elle ne constitue pas le commencement. Mais la liberté doit pourtant consister en cela : être le commencement absolu d’une chaine de causes et d’effets. Être libre, c’est échapper au déterminisme, prendre une décision ne résultant d’aucune cause déterminante. Or, selon Leibniz, la décision de la volonté est déterminée de façon « certaine et infaillible » (Nouveaux Essais, II, 21, § 8). On peut ainsi dire de l’homme qu’il est un automate spirituel déterminé par ses représentations. L’homme paraît libre cependant parce qu’il agit selon les seules nécessités de sa nature, à l’image d’une montre dont le mouvement peut être dit libre, dans la mesure où elle meut elle-même son aiguille, sans avoir besoin d’une impulsion extérieure. La liberté consisterait dès lors à déployer sa propre nature. La liberté s’apparente, dans cette perspective, à l’accomplissement de son destin. Un destin qui, selon Leibniz, participe à celui de l’Univers, et qui est inscrit depuis toute éternité dans le plan tissé par la Providence divine. 


Texte à citer pour ton devoir de philo

 

« Le choix, quelque déterminée que la volonté y soit, ne doit pas être appelé nécessaire absolument et à la rigueur ; la prévalence des biens aperçus incline sans nécessiter, quoique, tout considéré, cette inclination soit déterminante et ne manque jamais de faire son effet. » 

Leibniz, Discours de métaphysique, § 13.



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