Notions du temps et de l'art : que pense Henri Bergson ?

Réponse :

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Eléments biographiques sur Henri Bergson


Henri Bergson naît à Paris en 1859. Il meurt en 1941. Après des études scientifiques, Bergson étudie la philosophie et rencontre rapidement un succès croissant, jusqu’à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1928. Son oeuvre philosophique est à la fois marquée par une rigueur scientifique remarquable et par un style très esthétique qui n’a rien à envier aux meilleurs écrivains français.


En classe de terminale, Henri Bergson est particulièrement cité lorsqu’on aborde les notions du temps et de l’art. 


Temps versus durée


Concernant le temps, Bergson propose une distinction majeure afin de redonner tout son sens à la vie intérieure. Il distingue le temps de la physique, lequel est un temps artificiel, du temps vécu, le temps réel que Bergson appelle « durée ». Le temps de la physique n’est en fait que de l’espace. Regardez les aiguilles d’une montre : elles parcourent de l’espace, et lorsque l’aiguille indiquant les secondes revient à sa position initiale, on dit qu’une minute s’est écoulée. En fait, c’est de l’espace qui a été parcouru. Il en va de même avec l’âge. Avoir 20 ans, c’est avoir effectué 20 fois le tour du soleil, ce qui est en fait de l’espace et cela devrait s'exprimer en kilomètres. La durée, en revanche, c’est le temps authentique vécu par notre âme ou notre esprit, c’est le temps de la vie intérieure. Par exemple, une heure de philosophie pourra vous paraître beaucoup moins longue qu’une heure de mathématiques. Pourtant, si l’on en croit la montre, les deux temps sont identiques. Les temps vécus diffèrent pourtant. La durée vécue intérieurement se caractérise par la continuité, l’indivisibilité et le changement. Par opposition, le temps de la physique se caractérise par le fractionnement des instants (par exemple, une minute est fractionnée en 60 secondes), la tripartition passé/présent/futur, la fixité et la prévisibilité.


Le voile de l’utilité


Dans le cours sur l’art, votre professeur vous a sans doute déjà parlé de Bergson. Alors que Platon considérait les artistes comme des menteurs, Bergson, au contraire, voit dans l’artiste celui qui accède à la réalité nue et sans voile. Comment est-ce possible ? Bergson nous explique que nous n’avons de cesse de projeter nos exigences et notre manière de penser sur les choses. Autrement dit, nous ne percevons pas les choses comme elles sont en elles-mêmes, mais bien plutôt ce que nous nous attendons à voir en elles. D’autre part, nous projetons ce que Bergson appelle « le voile de l’utilité » sur les choses, ce qui altère considérablement notre perception. Un exemple ? Votre professeur de philosophie vous a demandé de rendre un travail de dissertation sur l’art pour demain. Il est déjà 22h… Vous vous précipitez dans votre chambre, recherchez une feuille et un stylo et hop, vous vous y mettez… Vous n’avez rien perçu sur votre chemin. Pourtant, il y avait un magnifique poster sur le mur de votre chambre. Le soleil couchant était également somptueux et visible par la fenêtre. Vous n’avez rien perçu de tout cela car ça ne représentait aucune utilité pour vous à ce moment précis. Pire, les choses perçues, comme le stylo et la feuille ou encore la chaise et la table, ne l’ont été qu’en vertu de leur utilité pour vous. Leur éventuelle beauté, leurs formes, la densité du bois de la table, etc. rien de tout cela n’a été considéré. L’artiste — de même que le mystique et le philosophe — perçoit les choses autrement, nous dit Bergson. Il ne projette aucun voile sur elles, ce qui lui permet de percevoir les choses en elles-mêmes.

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