Quelle est la différence entre "a priori" et "a posteriori" en philosophie ?

Réponse :

Ce cours de philosophie niveau lycée met en avant les concepts d'A priori et A postériori chez Kant.


Ton E-prof de soutien scolaire en ligne se penche sur un texte de Kant tiré du livre de philosophie Critique de la raison pure.


Analyse d'un texte philosophique de Kant


Dans le texte suivant, Kant explique ce qu’il entend par « a priori » et « a posteriori ». Une connaissance est dite « a priori » lorsqu’elle ne dérive pas de l’expérience. Par exemple, la proposition « tout effet doit avoir une cause » est une connaissance a priori selon Kant, car elle est innée, elle n’est pas acquise par l’expérience, mais elle rend possible l'expérience en nous rendant capable d’analyser le monde en termes de causes et d’effets. D'autre part, la proposition « la pluie mouille » est une connaissance a posteriori car elle ne peut être dérivée que de l’expérience. 


« Que toute notre connaissance commence avec l'expérience, cela ne soulève aucun doute. En effet, par quoi notre pouvoir de connaître pourrait-il être éveillé et mis en action, si ce n'est par des objets qui frappent nos sens et qui, d'une part, produisent par eux-mêmes des représentations et d'autre part, mettent en mouvement notre faculté intellectuelle, afin qu'elle compare, lie ou sépare ces représentations, et travaille ainsi la matière brute des impressions sensibles pour en tirer une connaissance des objets, celle qu'on nomme l'expérience? Ainsi, chronologiquement, aucune connaissance ne précède en nous l'expérience et c'est avec elle que toutes commencent. 

Mais si toute notre connaissance débute avec l'expérience, cela ne prouve pas qu'elle dérive toute de l'expérience, car il se pourrait bien que même notre connaissance par expérience fût un composé de ce que nous recevons des impressions sensibles et de ce que notre propre pouvoir de connaître (simplement excité par des impressions sensibles) produit de lui-même: addition que nous ne distinguons pas de la matière première jusqu'à ce que notre attention y ait été portée par un long exercice qui nous ait appris à l'en séparer. 


Connaissances a priori et empiriques a posteriori


C'est donc au moins une question qui exige encore un examen plus approfondi et que l'on ne saurait résoudre du premier coup d’œil, que celle de savoir s'il y a une connaissance de ce genre, indépendante de l'expérience et même de toutes les impressions des sens. De telles connaissances sont appelées a priori et on les distingue des empiriques qui ont leur source a posteriori, à savoir dans l'expérience. [...] 


Si l'on veut un exemple pris dans les sciences, on n'a qu'à parcourir des yeux toutes les propositions de la mathématique; et si on en veut un tiré de l'usage plus ordinaire de l'entendement, on peut prendre la proposition: tout changement doit avoir une cause. Qui plus est, dans cette dernière, le concept même d'une cause renferme manifestement le concept d'une liaison nécessaire avec un effet et celui de la stricte universalité de la règle, si bien que ce concept de cause serait entièrement perdu, si on devait le dériver, comme le fait Hume, d'une association fréquente de ce qui arrive avec ce qui précède et d'une habitude qui en résulte (d'une nécessité, par conséquent, simplement subjective) de lier des représentations. On pourrait aussi, sans qu'il fût besoin de pareils exemples pour prouver la réalité des principes purs a priori dans notre connaissance, montrer que ces principes sont indispensables pour que l'expérience même soit possible, et en exposer, par suite, la nécessité a priori. D'où l'expérience, en effet, pourrait-elle tirer sa certitude, si toutes les règles, suivant lesquelles elle procède, n'étaient jamais qu'empiriques, et par là même contingentes? »


Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Introduction, seconde édition, trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Éd. PUF, coll. Quadrige, 4' éd., 1993, pp. 31-33.

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