La connaissance de l’histoire est-elle utile à l’action présente ?

Réponse :

La connaissance de l’histoire est-elle utile à l’action présente ? Corrigé du sujet de bac Amérique du Nord 2019 en philosophie.


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Définition des termes du sujet de bac


  • La connaissance


Il s’agit du résultat d’une activité théorique visant à saisir les propriétés et caractéristiques d’une chose. Hegel définit la connaissance comme « relation entre le concept et la réalité effective », tandis que Hume parle de « certitude qui naît d’une comparaison d’idées ». La connaissance étant théorique, la question se pose de savoir dans quelle mesure la connaissance peut être liée à l’activité pratique de l’homme.


  • Utile


Est utile ce qui peut servir, être profitable à quelqu’un. On se demandera si la connaissance de l’histoire peut nous procurer un avantage.


  • L’action présente


On parle d’action lorsqu’un individu exprime sa volonté en accomplissant quelque chose de concret.


Questions à se poser sur ce sujet de bac


L’histoire semble se répéter inexorablement, les passions haineuses et les guerres ne s’apaiser que pour de brèves périodes : si l’histoire obéit à un déterminisme sur lequel l’homme ne semble avoir aucune prise, en quoi la connaissance de l’histoire peut-elle nous servir ? En connaissant l’histoire, l’homme, par son action présente, peut-il modifier son cours ? La singularité du présent ne rend-elle pas caduque et inutile toute connaissance de l’histoire, laquelle est par définition la connaissance d’un passé révolu ? La connaissance de l’histoire étant purement théorique et nécessairement partielle, voire partiale, peut-elle se prêter à une application pratique ?


Plan bref de corrigé de ce sujet de philosophie


I. La connaissance de l’histoire ne peut être que partielle, et souvent partiale, en raison d’une part, de la difficulté d’obtenir des informations complètes, concordantes et crédibles concernant un passé auquel l’historien n’a pas assisté ; et d’autre part, en raison du déterminisme socio-culturel auquel ne saurait échapper l’historien qui analyse l’histoire : son interprétation des données historiques est inévitablement conditionnée par la culture à laquelle il appartient. La question se pose alors : doit-on se fier à une connaissance partielle et partiale de l'histoire pour guider notre action ? On notera que si certaines connaissances de l'histoire sont loin de satisfaire notre exigence de vérité, d'autres, parce que concernant des périodes moins lointaines et mieux documentées, peuvent sans doute être considérées comme bien connues et fiables.


II. Le présent est singulier et l’histoire ne se répète pas. En effet, comme le dit Héraclite dans son aphorisme très fameux : « on ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve », les hommes qui participent à l’histoire ne sont jamais exactement les mêmes et rien n’est jamais tout à fait pareil. La connaissance d’une époque ne semble donc pas pouvoir présenter d’utilité pour l’action présente puisqu’il s’agit de deux époques différentes façonnées par des sociétés dont les logiques de fonctionnement n'ont souvent que peu de points communs. La connaissance de l'histoire n'aurait donc qu'un intérêt éventuellement théorique, mais aucune utilité pratique ?


III. Toutefois, la connaissance de l’histoire peut être utile à l’action présente, car si le présent est toujours un présent singulier, cela ne veut pas dire qu’il n’est pas semblable, sous certains aspects, au passé. Si, en apparence, chaque événement de l'histoire a ses particularités propres, en fond, il se pourrait que le même élan, les mêmes intentions, soient à l'origine des événements. La connaissance de la causalité de ces événements qui font l’histoire peut alors éclairer le présent et guider l’action afin d’orienter consciemment ce qui adviendra demain. De plus, s’il y a des lois de l’histoire, leur connaissance doit permettre d’anticiper certains événements à venir en agissant maintenant avec un esprit plus éclairé. La connaissance permet parfois, en effet, de se libérer d’un déterminisme aliénant et donc d'échapper à la fatalité (on pourrait effectuer une comparaison avec l'exemple de la psychanalyse et de la catharsis).

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