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À quelles difficultés la troisième République est-elle confrontée entre 1919 et 1939 ?

Réponse :

Dans ce cours d'histoire niveau collège, ton prof de soutien scolaire en ligne propose un corrigé de sujet de brevet sur la France entre 1919 et 1939.


Exemple de sujet de DNB Histoire corrigé


Exemple de sujet de DNB Histoire corrigé sur la France de l'entre 2 guerres

Manifestation du 14 juillet 1935, place de la Bastille à Paris.


           Au sortir de la Grande guerre, la France doit se relever. Elle va tenter d’oublier le conflit de 14-18 durant les « années folles » (années 1920).


À quelles difficultés la troisième République est-elle confrontée ?

 

Compétences travaillées :

  • Connaitre le contexte des années d’entre-deux guerres en France
  • Savoir quelles difficultés rencontre la France
  • Expliquer l’action du Front Populaire

 

I – La France de 1919 à 1929


A. La France au lendemain de la guerre 

1) Le bilan est contrasté

Victorieuse, la France n'en est pas moins lourdement touchée.

  • Affaiblissement démographique (avec les 1,4 million de morts de la Grande guerre) associé au déficit des naissances entraine le vieillissement de la population dans les années 30.
  • Destructions matérielles dans les régions vitales du Nord et de l’Est. Il faudra les reconstruire.
  • Lourd endettement extérieur (39 milliards de francs dont 20 aux États-Unis).

2) Les difficultés sont de deux ordres

  • Financières

► Déficit budgétaire lié à la Reconstruction, à la dette publique et aux pensions de guerre à verser aux veuves et invalides.

► Affaiblissement du franc face au dollar et à la livre britannique.

► L'inflation commence à faire sentir ses effets : elle pèse sur les salariés.

► L'Allemagne refuse entre 1921 et 1924 d'acquitter les Réparations imposées.

  • Sociales : lourdes grèves pour obtenir les 8 heures de travail hebdomadaires et de meilleurs salaires (cheminots).


B. L’évolution de la France dans les années 20 (les années folles)

1) Le Bloc National (1920-1924)

           Le Bloc national désigne l'alliance victorieuse des partis de Droite et du Centre pour remporter les élections législatives de 1919, en jouant du contexte d'alors, prestige de la victoire, danger communiste (idéologie qui veut instaurer une société sans classe sociale, sans propriété privée) … Cette Chambre est surnommée « bleu horizon » car formée majoritairement d'anciens combattants, en référence à la couleur de l'uniforme après 1916.

           La gauche se divise : lors du Congrès de Tours en décembre 1920, le mouvement socialiste (doctrine qui dénonce les abus du capitalisme libéral et veut créer une société d’hommes libres et égaux sans patrons ni prolétaires grâce à des réformes) unifié par Jaurès dans la S.F.I.O. (1905) retombe dans l'éclatement. La majorité des délégués réunis à Tours forme dès 1921 le P.C.F., Parti communiste français. L'Humanité (fondée par Jean Jaurès) devient leur journal.

           La minorité reste la S.F.I.O (Section Française de l’Internationale Socialiste), autour de Blum, et défend les revendications ouvrières (hausse des salaires et baisse de la durée du travail) qu'il faut satisfaire par des réformes.

            Très vite, le PCF recule et la SFIO progresse. En 1921, la CGT se scinde à son tour, reportant au niveau syndical la cassure politique :

► la CGTU (Confédération Générale des Travailleurs Unitaires), proche du PCF,

► la CGT garde sa ligne d'autonomie vis-à-vis des partis.

2) Le Cartel des Gauches

         Il désigne l'alliance victorieuse des radicaux et de la SFIO en mai 1924. La Droite avait mécontenté les Français en augmentant les impôts. Le chef radical Edouard Herriot forme un gouvernement auquel les socialistes ne participent pas, mais qu'ils soutiennent au Parlement. Le Président Millerand démissionne.

Des mesures d'apaisement :

► il annule les sanctions contre les cheminots,

► il cherche à se réconcilier avec l'Allemagne après l'occupation de la Ruhr.

L'échec devant le problème financier

         Les capitaux fuient, les spéculateurs s'en prennent au franc ; la Banque de France, alors indépendante de l'État, refuse d'accorder des avances. La France épuise sept ministres des finances en 1925 et 1926

3) La France à la veille de la Crise

Les points forts :

► Les exportations reprennent grâce à la dévaluation. Le pays connaît prospérité et essor industriel (automobile),

► Les capitaux, même anglo-américains, reviennent en France.

Les points faibles :

► modernisation industrielle insuffisante (trop de PME),

► agriculture restée traditionnelle,

► retard pour les lois sociales,

► vieillissement démographique


II – La France des années 30


A. Un climat de crise s’installe au début des années 30  

1) Une triple crise :

  • Économique : la France est touchée plus tardivement que ses voisins par la crise. Cette crise se traduit par :

► la baisse des exportations (le franc devient trop cher),

► la baisse des prix agricoles (surproduction),

► le chômage de 500 000 personnes (davantage en réalité),

►de nouvelles difficultés financières : les allocations versées aux chômeurs et aux agriculteurs provoquent le déficit budgétaire.

  • Morale : une succession de scandales politico-financiers éclabousse le régime.
  • Politique : l'extrême droite se renforce avec ses fameuses Ligues, organisées comme des groupes paramilitaires.

2) L'émeute du 6 février 1934 et ses conséquences

  • L'émeute : la manifestation des Ligues, mouvement d’extrême droite, tourne à l'émeute : on marche sur la Chambre des députés et les affrontements avec la police font une quinzaine de morts. Mais le régime est sauvé.
  • Les conséquences :  la gauche décide l'union. Les partis de gauche (PCF, SFIO, Radicaux), conscients du péril de l'extrême droite décident de signer une alliance électorale, avec un programme commun : c'est le Front populaire pour les élections de mai 1936.

B. Le front populaire (1936/1938)

1) Son programme s'articule autour de trois thèmes :

-La paix

-Le pain : il faut des lois sociales, défendre le pouvoir d'achat des salariés.

-Les libertés : il s'agit de combattre les Ligues et le fascisme.

2) La victoire électorale du Front Populaire en mai 1936 

          La SFIO étant le plus fort des trois partis de gauche, c'est son leader, Léon Blum, qui forme le gouvernement constitué de Radicaux et de Socialistes.

Le PCF refuse de participer à ce gouvernement qu'il soutient.

         Trois femmes sont membres de ce gouvernement, ce qui est une première puisqu'elles ne disposent pas alors du droit de vote.

          Contents du résultat mais redoutant que Blum ne respecte pas ses engagements électoraux, les ouvriers déclenchent dès juin 1936 une grande vague de grèves avec occupations d'usines (3 millions de grévistes). Ces mouvements inquiètent les classes possédantes.

3) L'œuvre 

  • Sociale

Les Accords Matignon de Juin 1936 accordent :

- des hausses de salaire (+ 7 à 15 %),

- l'élection de délégués du personnel dans les entreprises, la mise en place de Conventions collectives fixant par branches de profession les conditions de travail, les salaires.

- réduction du temps de travail à 40 heures hebdomadaires (au lieu de 48) et deux semaines de congés payés. Les grèves se résorbent.

  • Économique

► La SNCF est créée en 1937 : Les chemins de fers sont sous contrôle de l’État

► Le gouvernement renforce son contrôle sur la Banque de France et les industries d'armement.

  • Politique : dissolution des Ligues qui réapparaissent sous d'autres appellations…

4) Les difficultés et l'échec du Front Populaire 

Les difficultés :

- Économiques : Blum pensait que la hausse des salaires relancerait la consommation, donc la production, ce qui résorberait le chômage, d'autant que la durée du travail avait été parallèlement réduite. Il n'en fut rien : les charges salariales des patrons avaient été considérablement alourdies, ce qui relevait les prix français, et gênait l'exportation. Les patrons n'embauchent pas….

- Financières : Le franc est affaibli par la spéculation et la fuite des capitaux à l'étranger. 

- Politiques

► La presse d'extrême droite se déchaîne contre le « Juif Blum » et, par ses perpétuelles calomnies, accule le ministre de l'Intérieur Salengro au suicide.

► La Guerre Civile d'Espagne divise le gouvernement : le Parti Communiste veut intervenir pour défendre les Républicains, ce que les Radicaux refusent. Blum adopte la solution médiane : c'est la « non-intervention armée » (envoi de volontaires seulement). 

L'échec : lorsque Blum veut établir le contrôle des changes pour combattre la fuite des capitaux, il est renversé au Sénat (juin 1937).

Le Front Populaire se maintient encore un an au gouvernement.

C. La France à la veille de la guerre

      Daladier forme en mars 1938 un gouvernement d'Union Nationale (Droite + Centre + Radicaux) pour faire face aux graves difficultés intérieures et extérieures :

► redressement financier par impôts, emprunts et dévaluation. Les capitaux reviennent,

► les 40 heures sont « aménagées » (en fait, disparaissent),

► le réarmement permet la reprise.

Il signe aussi les accords de Munich (une partie de la Tchécoslovaquie – le territoire des Sudètes - est abandonnée à l’Allemagne) et mène une politique anticommuniste en octobre 1938. Le 3 septembre 1939, il déclare la guerre à l’Allemagne après l’invasion de la Pologne. Il démissionne en mars 1940 et est remplacé par Paul Reynaud.

Un pays qui n’est pas prêt à la guerre :

► retard économique,

► vieillissement : le taux d'accroissement naturel est de 0,6 % (7,5 en Allemagne).

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