Marion soutien scolaire françaisEn ces temps météorologiques perturbés, notre E-prof en ligne de français présente un hommage à la Guadeloupe à travers deux romans traitant des ouragans à destination du collège (quatrième, troisième).

En 1995, deux romans guadeloupéens, L’Espérance-macadam de Gisèle Pineau et L’Île est une nuit de Daniel Maximin, furent entre autres édités. Or ces eux livres avaient un point commun : celui de faire du cyclone l’un des personnages principaux de leur histoire, de retracer la vie avant, pendant et après le passage d’une de ces terribles tempêtes qui dévastent tout. Vingt-deux ans plus tard, les cyclones ont malheureusement encore une fois balayé les Antilles récemment. L’actualité nous montre donc à quel point ces deux romans peuvent encore aujourd’hui, lus ou relus à la lumière de ce qui vient de se dérouler.

L’Espérance macadam, (1995) Gisèle Pineau

L’Espérance macadam, (1995) Gisèle PineauLe roman s’ouvre sur le désastre du cyclone Hugo qui a frappé la Guadeloupe en 1989 et qui renvoie l’héroïne, Eliette, au très violent cyclone de 1928 qu’elle a vécu lorsqu’elle n’avait que 8 ans et durant lequel elle avait été blessée. Pourtant, bien qu’elle soit enfermée dans un passé traumatique, elle ne garde aucun souvenir de cette nuit tragique. Ces deux événements encadrent donc la vie d’Eliette et offre au roman, une toile de fond inquiétante et menaçante.

C’est donc le roman d’une survivance, du réapprentissage de la vie après un traumatisme. Suite au passage du cyclone de 1928 que la mère d’Eliette, Séraphine, appelait la « Bête », la petite fille avait été retrouvée dans une mare de sang. Mais une femme du village avait si bien soigné et recousu Eliette, qu’elle ne garda aucune cicatrice visible de cet accident. Par contre, pour Séraphine, depuis ce jour sa fille est « un brin hébétée, couillonne, insignifiante. Peur de tout et de rien. »

Eliette vivra recluse et seule dans une case du village de Savane Mulet. Cachée derrière ces quelques planches de bois, elle est le témoin privilégié de multiples scènes atroces et cruelles dans lesquelles, la femme est la victime privilégiée de l’homme… Les cyclones sont donc aussi la figure des hommes pour Eliette : ils sont violents, brutaux et maltraitent les femmes.

C’est enfin l’histoire d’un éternel recommencement, celui des cyclones qui dévastent continuellement les Caraïbes, détruisant les habitations, les cultures qui, encore une fois, seront reconstruites et remises en état par les hommes.

Gisèle Pineau, L’espérance-macadam, Paris, Stock, coll. « Livre de poche », 1996. 175 pages.

L’Île est une nuit, (1995) Daniel Maximin

L’Île est une nuit, (1995) Daniel MaximinIl s’agit de l’histoire de Marie-Gabrielle qui veille seule dans sa maison barricadée alors qu’un cyclone s’abat sur la Guadeloupe sept heures durant. Sept heures qui sont le prétexte pour l’auteur de construire sept chapitres où s’entremêlent les voix humaines à d’autres bien plus anciennes que l’homme, que sont celles des dieux ou de l’ouragan lui-même.

Ces sept chapitres sont divisés en trois temps : le temps de la préparation tout d’abord dans un premier chapitre avec là aussi l’évocation du terrible ouragan Hugo de 1928 ; puis, du chapitre 2 à 6, le temps de la tempête qui s’abat violemment ; enfin, un dernier chapitre pour faire le bilan, regarder ce qu’il reste, ce qui a été détruit, ce qui a disparu.

L’auteur mêle donc la voix de Marie-Gabrielle, malade et qui se livre, à celle du narrateur qui n’est autre que celle de l’île et de ses habitants. Ceux-là mêmes qui encore une fois vont rebâtir, reconstruire après le passage de l’ouragan.

Dans ce roman, l’intertextualité tient une place importante. En effet, l’auteur reprend régulièrement à son compte des extraits d’autres textes – le titre lui-même renvoie aux contes des Mille et une nuits – créant ainsi une œuvre métissée comme l’est la culture antillaise qu’il raconte dans son livre.

Daniel Maximin, L’Île est une nuit, collection Cadre rouge, 1995. 176 pages.

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