Retrouvez nos conseils de soutien scolaire et des pistes de lecture et de corrections sur ce sujet de dissertation sur la réécriture littéraire proposé au bac de français 2017, Série L.

Sujet bac français 2017, dissertation sur la réécriture littéraire

Sujet : L’intérêt du lecteur pour une réécriture dépend-il essentiellement de sa ressemblance avec le modèle ?

Dans l’introduction d’une dissertation, il convient nécessairement d’expliquer les termes importants du sujet. Ici, il faut bien sûr de définir précisément ce qu’est une réécriture.

Définition du dictionnaire : « Action de réécrire un texte pour en améliorer la forme ou pour l’adapter à d’autres textes, à certains lecteurs. » Cette définition est bien trop restreinte et écarte trop la portée littéraire de la réécriture.

Dans la littérature, la réécriture peut s’entendre comme la déclinaison d’écrits sur le même thème (l’amour, la guerre, la folie, la mort…).

La réécriture littéraire existe sous différentes formes :

  • Par une citation ou une allusion à un autre texte ; par une reprise d’un thème, d’un personnage, d’une partie de l’intrigue..., comme Kamel Daoud qui reprend le personnage principal du roman L’Étranger de Camus dans son livre Meursault contre-enquête (2013).
  • Par des variations stylistiques ou factuelles : il s’agit de reprendre le même énoncé de base en variant les styles, quelques faits qui vont modifier l’action… cf. 35 variations sur un thème de Marcel Proust, George Perec (1974) : Perec reprend le célèbre incipit du roman A la recherche du temps perdu de Marcel Proust et le décline de 35 manières différentes ; Exercices de style, Raymond Queneau (1947) : Queneau part d’une intrigue simple qu’il varie de 99 façons différentes.

Les variations sont aussi la réécriture d’un thème, d’un mythe, d’un personnage… comme Racine et Corneille qui ont repris dans les grandes tragédies grecques (Andromaque, Bérénice, Phèdre, Horace…) ou plus récemment, Jean Anouilh qui a repris le personnage d’Antigone.

  • Par une imitation : lorsque l’auteur tente d’imiter le style d’un autre écrivain, on parle alors de pastiche ; lorsque l’imitation se fait sur un style comique, caricatural, on parle alors de parodie. cf. Don Quichotte, Miguel de Cervantès (1605) : parodie des romans de chevalerie.

(Il s’agit ici d’une définition poussée de la réécriture, il n’était évidemment pas demandé aux élèves de telles précisions !)

Problématiques possibles :

Qu’est-ce qui suscite, chez le lecteur, l’intérêt d’une réécriture ?

La connaissance du modèle par le lecteur est-elle nécessaire ?

Dans quelle mesure une réécriture doit-elle être proche de son modèle pour être appréciée ?

Ce sujet de dissertation de bac 2017 peut facilement être traité par un plan dialogique en 2 parties (oui/non) et si possible, avec une troisième partie qui permet un élargissement/approfondissement de la question.

Dans une 1ère partie, il s’agit donc de défendre la thèse selon laquelle la ressemblance avec le modèle est nécessaire pour qu’une réécriture suscite l’intérêt du lecteur.

  • Dans une réécriture, le lecteur cherche tout d’abord à retrouver des thèmes, des personnages qu’il connait et qu’il apprécie. C’est le plaisir de retrouver quelque chose de connu et apprécié qui pousse le lecteur vers une réécriture.
  • On peut se référer aux auteurs de la Pléiade (XVIe siècle) qui, par l’imitation des Anciens, c’est-à-dire des poètes de l’Antiquité, recherchaient une perfection esthétique. Il y a donc une dimension esthétique et stylistique dans l’intérêt que suscite une réécriture qui ressemble à son modèle.
  • Le lecteur peut trouver un intérêt ludique dans la réécriture : il teste ses connaissances littéraires en recherchant dans le texte les ressemblances avec d’autres œuvres.

La 2è partie permet donc de contrecarrer ce point de vue en mettant en évidence les intérêts de la dissemblance d’une réécriture envers son modèle.

  • L’intérêt d’une réécriture est justement d’apporter quelque chose de plus que son modèle : une nouveauté, un nouvel écho/ point de vue. La réécriture doit approfondir le thème du modèle, lui donner une portée plus grande. Une ressemblance trop grande avec le modèle diminue nécessairement l’impact de la réécriture sur le lecteur.
  • De toute manière, chaque texte est unique ; une réécriture apporte donc obligatoirement autre chose que le texte d’origine. Le lecteur n’est donc pas obligé de connaître le modèle pour que son intérêt soit éveillé par une réécriture.
  • Ce ne sont que dans les différences avec le modèle que la réécriture provoquera de l’intérêt chez le lecteur car ce sont par ces différences que le lecteur sera amené à aiguiser sa réflexion et stimuler son imagination.

La 3è partie doit passer ces deux points de vue et élargir le sujet.

  • Une réécriture s’inscrit dans une époque ; il s’agit donc à chaque fois d’une réactualisation d’un thème, d’un personnage… Chaque époque réécrit un texte selon son histoire et ses valeurs.
  • La réécriture établit un dialogisme entre les œuvres ; chaque texte se font écho grâce à elle et s’enrichissent les uns des autres.
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